INVESTIR LA VILLE
Situation actuelle
En France, l’attachement à l’habitat individuel
est marqué. Quant à lui, l’habitat pavillonnaire réside comme modèle.
Aujourd’hui, pour 82 % des Français, une maison
représente l’habitat idéal dont il souhaiterait être propriétaires.
Dans les années 60, la part de la maison
individuelle dans les logements construits était de 25 %. Avec la
banalisation de l’usage de l’automobile et le développement de la mobilité,
cette part n’a cessé d’augmenter et représente aujourd’hui plus de 60 %, avec
220 000 maisons de plus, construites chaque année.
Devenus propriétaires, les ménages s’installent
essentiellement en périphérie de villes moyennes (200 000 habitants) et petites
(50 000 habitants).
Conséquences
Un urbanisme de l’opportunisme qui se vend
comme une réponse au rêve de chacun d’être propriétaire d’un lopin de terre
aussi petit puisse-t-il être, certes, mais qui finit par dessiner un paysage
global fade, au bâti uniforme, un étalement urbain exponentiel, des espaces de
campagne discontinus, plus véritablement campagnards, et malgré tout non
urbains. Une dépendance accrue à l’automobile, moyen de transport de plus en
plus onéreux et fortement remis en cause dans l’avenir ….
Est-ce bien cela un rêve ?



Coup de gueule
Aujourd’hui, les architectes n’interviennent
que dans 8% des maisons construites, l’essentiel du marché étant capté par la
puissance commerciale et les procédures tranquillisantes des constructeurs
(choix d’une maison sur catalogue,…).
Les projets d’architecte relèvent d’un ouvrage
sur mesure, né du dialogue avec leur client, adapté à un terrain particulier,
l’usage de matériaux judicieusement choisis et non imposé par la loi des grands
nombres.
Au delà de son « savoir-réfléchir »
du bâti, l’architecte a une vision globale du territoire qui l’amène à
s’inscrire dans une vision de développement à long terme et non opportuniste.
Comment réinvestir la ville quand les
terrains n’y sont plus ?
Exploration 1 : la ville recyclée
La ville, l’économie, et la cité évoluant,
certaines fonctions ont quitté les villes. Les bâtiments qui avaient été
construits pour les abriter sont nombreux : séchoirs, usines,
casernes,…Certains d’entre eux font depuis les années 90 l’objet de
restructurations qui leur donnent une nouvelle fonctionnalité, et les intègrent
dans la ville d’aujourd’hui.
Au-delà d’un simple souci de sauvegarde de
patrimoine architectural, cette démarche permet à la ville de se renouveler et
de s’inscrire dans la modernité tout en gardant son identité et les traces de
son évolution. Aussi, elle permet de recomposer des espaces souvent atypiques
et de qualité.
Voici quelques exemples de
restructurations :
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Réhabilitation de l’ancienne fonderie SACM
en Université, Mulhouse
Archi : Mongiello & Plisson,
livraison en 2007


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Réhabilitation de gazomètres en logements à
Vienne en Autriche
Architectes : Coop Himmelb(l)au, Jean
Nouvel



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Réhabilitation de magasins militaires
construit par Vauban en 1773 en tribunal de commerce et centre chorégraphique,
Belfort
Architectes : Reichen & Robert



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GWL Terrein
Réhabilitation et constructions neuves sur
le terrain d’une ancienne usine de traitement de l’eau pour un quartier de
logements sans voitures, Amsterdam
Architecte urbaniste : Kees Christiaanse


Exploration 2 : greffes et excroissances volumiques sur bâti existant
Poser au dessus, suspendre, accrocher…
L’heure est venue d’investir les vides inutiles
de la ville existante, dans la limite des réglementations de gabarits données
par les règles d’urbanisme et le bon sens.
LA VILLE
EXISTANTE
LA VILLE
GREFFEE